Les cris de détresse des petits mammifères sont très proches, au point que certaines mères répondent à d’autres bébés que les leurs !

cri-bebe-mamDeux espèces de cervidés vivants sur le continent américain, le cerf-mulet et le cerf de Virginie, ont fait l’objet d’une expérimentation bien étrange : des émetteurs ont été placés dans les prairies canadiennes, à environ 100 ou 200 mètres de femelles de ces deux espèces. Des sons sont diffusés, des cris de détresse de petits cervidés tout d’abord : les mères réagissent en s’approchant rapidement. Des cris de jeunes phoques, marmottes, chats, chauve-souris et même humains passent dans les hauts-parleurs : les mères non seulement s’approchent, mais en plus présentent des comportements de recherche de leurs petits !

Le point commun entre ces sons réside en fait dans leur fréquence fondamentale, qui est toujours identique à celle des petits cervidés-mulets ou de Virginie, même dans le cas des ultra-sons des bébés chauve-souris. Les chercheurs se sont servis de sons présentant naturellement cette caractéristique ou, dans le cas contraire, les ont manipulés pour abaisser la fréquence (le son alors diffusé était un mélange du cri original et du cri manipulé). Partant de ce constat, l’expérience va plus loin en testant des cris, toujours avec cette même fréquence, mais provenant d’une espèce non-mammifère (un oiseau) et un prédateur (le coyote). Les mamans ne se laissent pas berner : aucun comportement d’approche cette fois-ci !

Les chercheurs qui ont fait cette étonnante découverte expliquent les avantages adaptatifs d’une réponse rapide à un pleur de jeune, quelque soit ce jeune, plutôt que de s’assurer de la provenance de ce son (dans certains limites, les bébés coyotes peuvent toujours attendre d’être secourus par une maman cerf !). Ce phénomène pourrait notamment expliquer certaines adoptions inter-espèces, parfois observées dans la nature.

Rien ne ressemble plus à un bébé qui pleure... qu'un bébé qui pleure !
Rien ne ressemble plus à un bébé qui pleure… qu’un bébé qui pleure !

En savoir plus en lisant : Lingle, S. & Riede, T. 2014. Deer mothers are sensitive to infant distress vocalizations of diverse mammalian species. The american naturalist, 184 ? pp. 510-522